**The translation is at the end of the article**
Achieving Equality or Reaching for Freedom
They are back. Sometimes timid, sometimes convincing, handshakes—which temporarily gave way to an awkward elbow bump or anxious glances during the pandemic—have long been part of our customs and traditions.

Once reserved for men, the handshake symbolized equality and trust. By the late 18th century, during the founding of the United States of America, the handshake became more widespread. Women, who had previously received gestures of politeness such as the hand-kiss, saw this habit gradually disappear.
In Canada, particularly in Quebec, pioneering women played an important and innovative role, especially in our political history. Visionary, persistent, and courageous, they fought for their rights and worked with conviction to reduce inequalities between men and women, successfully narrowing the gender gap.
It was thanks to women like Thérèse Casgrain, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie, and Idola Saint-Jean—founding members of the Provincial Committee for Women’s Suffrage—that in 2025, we will celebrate the 85th anniversary of women’s right to vote and to be elected in Quebec. This right was won after twenty years of relentless effort, on April 18, 1940, under the Liberal government of Premier Adélard Godbout, despite strong opposition from the Catholic clergy. By comparison, women had been able to vote in federal elections in Canada since 1918.
Despite more than 125 years of continuous efforts and significant progress that have paved the way for greater participation of women in politics, Quebec still has work to do to achieve full equality. This is why, for example, the Women’s Committee of the Circle of Former Parliamentarians of the National Assembly of Quebec, along with other elected officials, activist groups, and future candidates, are addressing the issue of women’s underrepresentation in democratic institutions and debating the necessity of a parity law.
In sum, Quebec has seen powerful feminist movements that have led to major advances in gender equality within Canada—a vast country with a stable political system founded on human rights, the rule of law, and democratic principles that promote equality, freedom, and citizen participation.
Here, individuals over the age of 18 are called upon to elect their representatives, enjoying the privilege of making this choice freely and thereby influencing political decisions.
Indeed, the freedom to express opinions, criticize the government, and engage in public debate without fear of retribution is a norm for us. There are no severe restrictions, legal convictions, life imprisonment, or death penalties threatening our daily lives. Unfortunately, I cannot say the same for some other countries.
To the oppressed women in these nations—those whose rights are violated, who suffer abuse, who are silenced, subjected to domestic and sexual violence, mass rapes, and honor crimes; those who endure female genital mutilation, sex-selective abortions, forced and child marriages; those who face severe restrictions on their participation in public life due to religious and cultural norms, particularly in rural areas, and so much more—I say: COURAGE.
We must remember that we, both individually and collectively, can make a difference. On this note, I want to highlight an initiative by the Circle of Former Parliamentarians, which presented a report to the Subcommittee on International Human Rights at the House of Commons in Ottawa in February 2023. This document aimed to highlight the plight of Afghan women since the Taliban’s takeover in 2021, particularly former female MPs and ministers. Following my colleagues’ presentations, a bill amending the Criminal Code was passed in June 2023. The list of Afghan women judges, prosecutors, and lawyers facing grave threats of violence or assassination was requested by Canada’s Minister of Immigration at the time, and some women have since received exit visas from Afghanistan. This proves that we must always believe in the power of our actions and our ability to effect change.
I hope to have raised awareness about those who came before us, those who are currently fighting with all their energy and risking their lives for their beliefs, and those who will have to do even more to gain what we have today. It will be up to them to pass the torch to their daughters, granddaughters, and beyond, in the hope of one day truly reaching freedom.
Text written by Caroline Simard
Member of the National Assembly for Charlevoix–Côte-de-Beaupré (2014-2018).
Editor-in-Chief, Le Temps de parole
Circle of Former Parliamentarians of the National Assembly of Quebec
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Atteindre l’égalité ou toucher à la liberté
Elles sont de retour. Parfois timides, parfois convaincantes, les poignées de main qui ont laissé place le temps d’une pandémie à un étrange coude à coude ou à des regards inquiets avec un je-ne-sais-quoi, font depuis très longtemps parties des us et coutumes.
Réservée aux hommes à l’époque, elle constituait un geste d’égalité et de confiance. Vers la fin du 18e siècle, lors de la naissance des États-Unis d’Amérique, la poignée de main s’est démocratisée, et les femmes qui recevaient jusqu’alors un geste de politesse ou de courtoisie appelé baisemain, ont vu tranquillement disparaître cette habitude.

Au Canada, dans la province de Québec, des pionnières ont joué un rôle important et novateur, particulièrement dans notre histoire politique. Visionnaires, persévérantes et courageuses elles ont revendiqué leurs droits et ont travaillé avec conviction pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes. Elles ont été en mesure de rétrécir le fossé entre les genres.
C’est ainsi que Mmes Thérèse Casgrain, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et Idola Saint-Jean, membres fondatrices du Comité provincial pour le suffrage féminin, permettent de célébrer en 2025 le 85e anniversaire du droit de vote et d’éligibilité des femmes au Québec. Ce droit ayant été obtenu après vingt ans de ténacité, le 18 avril 1940, sous le gouvernement libéral du premier ministre M. Adélard Godbout, malgré de fortes pressions de l’évêché catholique, alors que les femmes pouvaient exercer leur droit de vote au Canada depuis 1918.
Malgré plus de cent vingt-cinq ans d’efforts constants et de progrès significatifs en la matière ouvrant la voie à une meilleure participation des femmes en politique, le Québec a encore à faire pour atteindre l’égalité. C’est pourquoi, par exemple, le Comité des femmes du Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec[1] et d’autres élues, regroupements de militantes et futures candidates à une élection s’intéressent au sujet de la sous-représentation des femmes dans les institutions démocratiques et réfléchissent à la nécessité d’avoir ou non une loi sur la parité.
En somme, le Québec a fait l’objet de démonstrations féministes convaincantes ayant entraîné des progrès majeurs pour l’égalité entre les hommes et les femmes au sein du Canada, pays vaste dont le système politique est stable et repose sur les droits de la personne et de l’État de droit et sur les principes de la démocratie qui contribue, elle-même, à l’égalité, à la liberté et à la participation citoyenne.
Ici, la population de 18 ans et plus est appelée à choisir ses représentants, et donc a le privilège de poser une action en toute liberté et, par conséquent, le pouvoir d’influencer les décisions politiques.
De fait, avoir la liberté d’expression et d’opinion, la possibilité de critiquer un gouvernement de même que de participer au débat public respectueusement sans crainte de représailles est normal chez nous. Aucune contrainte grave, condamnation de justice, peine d’emprisonnement à perpétuité, peine de mort ou pire encore ne constitue notre quotidien. Je ne pourrais en dire autant dans certains pays.
Aux femmes opprimées, de tous ces pays confondus, dont les droits sont bafoués, victimes de maltraitance, contraintes au silence, à des violences domestiques et sexuelles, des viols collectifs et crimes d’honneur, des mutilations génitales féminines, des avortements sélectifs en fonction du sexe des enfants, des mariages forcés et précoces, victimes de restrictions sévères en matière de participation à la vie publique, en raison de normes religieuses et culturelles, particulièrement en zones rurales et plus encore, COURAGE.
Nous avons le devoir de nous rappeler que nous pouvons individuellement et collectivement faire une différence. À cet effet, je me permets de citer l’initiative du Cercle des ex-parlementaires qui a présenté un mémoire devant le Sous-Comité des droits internationaux de la personne à la Chambre des communes à Ottawa en février 2023. Ce document visait à rappeler le sort des femmes afghanes depuis la prise du pouvoir des Talibans en 2021, particulièrement de celles qui furent députées et ministres. Après la présentation de mes collègues, « un projet de loi modifiant le Code criminel a été adopté en juin 2023. […] la liste des femmes afghanes juges, procureures de la couronne et avocates en grand danger de sévices ou d’assassinat a été réclamée par le ministre canadien de l’Immigration de l’époque […] certaines femmes ont reçu des visas de sortie de l’Afghanistan ».[2] Comme quoi, il faut toujours croire en la force de notre action et à notre faculté d’agir.
J’ose espérer avoir éveillé des consciences face à celles qui ont été les premières, celles qui actuellement déploient énergie et se battent pour leur conviction et leur vie et celles qui auront à faire plus pour avoir autant et qui devront passer le flambeau à leur fille, leur petite-fille et ainsi de suite pour espérer toucher à la liberté.
Texte écrit par Caroline Simard
Députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré (2014-2018).
Rédactrice en chef Le Temps de parole
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec.
http://linkedin.com/in/carolinesimard
[1] Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec : www.assnat.qc.ca/fra/cepanq
[2] Le Temps de parole, volume 23 – No 02, page 19, https://www.assnat.qc.ca/fra/cepanq/fra/publications/index.htm